dimanche 30 décembre 2012

Les douze nuits saintes ...


Je me demandais comment accompagner cette année les 12 nuits saintes ... La réponse vient de m'être donnée par un tableau commencé hier, fait de fragments d'empreintes de fougères ... encore chaotique par sa forme et c'est ce chaos lui-même qui m'a inspiré le chemin qui serait lien ... A chaque nuit, un glacis, une aurore de lumière ... Nuit après nuit, jusqu'au 6 janvier ... Je ne sais ce qu'en sera le résultat, juste vivre le processus et accueillir ce qui naîtra ...



La première nuit est se colore de Magenta …
 Il m’a fallu mettre en œuvre une volonté douce pour ne pas faillir à cette première étape, la fatigue hier était au rendez-vous, j’ai contourné cet état ou plutôt m’y suis alliée, le voile de magenta s’est posé doucement, délicatement, sans préméditation .
 A mon réveil, ce matin, il était là…  
Il est à présent  16 heures 45 et il y est toujours modulant avec la lumière ambiante, offrant au fur et à mesure du jour de multiples lectures .. ; Le tentation était à l’aube de relire les notes sur les nuits saintes ou les textes de Liane Collot d’Herbois sur le Magenta et puis, la notion de silence s’est invitée … surtout ne rien lire, ne rien imposer, ne rien projeter … 
Vivre ces présences en roue libre … 
Je vis donc depuis le réveil en cette couleur en ces formes , écho de la préhistoire qui ci et là s’invitent …
 Voilà bien là le premier étonnement : je ne pensais pas en entamant ce cheminement que le voile posé se vivrait non seulement au présent de la pose mais se prolongerait pendant le jour … 
Ce bain de Magenta flotte en la pièce , au moment où j’écris ces mots, il est là, à ma droite, gardant une certaine distance car il s’agit bien là de cette tonalité, qu’elle s’offre et se retient tout à la fois …
 Et cette réserve invite je ne sais pourquoi à une certaine rêverie, cet insaisissable donne à lire quelque chose du lointain, de l’extrêmement lointain, un langage d’un autre temps et pourtant intimement lié à la gestation …
 C’est le moment où les mots coulent d’eux-mêmes, se déploie face à moi quelque chose des temps anciens, du murmure de l’humanité, de ce temps où l’humanité songeait encore, plongée tout entière en cette atmosphère gestationnelle et c’est comme – ci visages et formes animales, végétaux entrevus flottaient, glissaient en un tableau onirique …
Et j’affirme que tout cela m’est vrai …




La seconde nuit voit le Carmin rejoindre le Magenta …
L’ambiance change du tout ou tout, l’on passe du songe à l’intensité, les ombres se disent de plus en plus, quelque chose de la passion et du sang de la gestation auréole les contours …
 Une autre tonalité, d’autres lectures et je ne sais si la clarté qui transparaît provient du Magenta d’origine ou des nuances de Carmin … Les chemins de couleur gardent une part de leur secret, règne néanmoins ici quelque chose de la vibration …
 Il y a à chaque fois dans cette démarche choisie quelque chose du deuil à effectuer : laisser aller la couleur qui reposait sur la toile pour lui adjoindre un nouveau voile coloré, accepter la mort de certaines zones, de certaines qualités pour en accueillir d’autres, encore inconnues, inattendues … 
Et savoir que cela sera ainsi chaque nuit : garder intacte la paix face à ce qui meurt pour accueillir ce qui devient avec confiance, surprise, abandon, presque …
Et tout à coup, cette révélation intérieure que la sève est le sang des plantes, sont-ce les empreintes de fougères qui m’entraînent vers cette interprétation ?
Une nouvelle expérience aussi est celle de poser ici, mes ressentis face aux tonalités, sans soucis d’exactitude ou de correspondance de ce qui se dit ou s’est dit sur la nature de ces couleurs, oser être ici et maintenant moi-même face à se qui se donne à lire …
Et j’affirme que là, en l’instant, tout cela est vrai …





samedi 29 décembre 2012

Je suis revenue ici ...


Je suis revenue ici …
En ce pont grisant qui transperce les flots
L’errance m’a menée loin
 A des lieues et des lieues de vos rivages
Et ce sont voiles colorés qui m’ont guidée de nuit
J’ignorais alors leur invisible dessein
Et c’est tristesse en mon âme
Comme de jeter au loin les habits de parade
Je me tiens nue en ces eaux troublées
Les ans ont agi de concert, imperceptiblement, sûrement
Bas les masques, que s’éveille un vent de tempête
Celui-là même qui me donne chair et ravive mon esprit
Que dansent les voiles aux cordages dépareillés
Le cap sera d’instinct et les routes d’écume
La mélancolie cette nuit me donne envie d’envol
J’ouvrirai mes ailes aux mâts de misère
M’inventerai des rivages incertains
Bas les masques, que se lève un vent de franchise
Je me poserai en ce pont et laisserai couler les larmes
Une mèche rebelle aux coiffures figées
Que ferai-je, femme vieillie aux parois du destin
Que viennent à moi les miroirs de Vrai
Que s’osent les reflets d’or et de gris
Que se répudie le songe s’il n'est de chair
Il est temps de réveiller les mues
Que se lève le vent aux frissons d’un temps neuf
Les voiles se sont hissés, de Magenta, de Carmin, de Vermillon et d’Orange
Songes encore d’un passé d’au-delà
Le Terre de Sienne brûlée a retourné le passé en présent
Que soufflent des Vents nouveaux aux promesses à construire
Le Jaune s’est insinué, assassin, opaque, castrateur
Je me suis réveillée d’une mort préméditée
Ai osé la révolte et effacer les oracles
Que se lève un Vent de Liberté,
Que gronde l’Océan aux coffres ouverts
Je préfère à la promesse d’un soleil aveuglant la sueur d’une terre d’Ocre
Que se voile cet astre trop tôt né
Je tourne la face et en saisirai ce qui me sied
Je n’ai qu’à faire de vos éclats et vos modèles assis
La femme vieillissant ouvre la cape et agite ses ailes
L’oiseau est d’envergure, le vol assuré
Le doré du ciel se souvient des Mystères
Renaissent des Temples secrets les promesses avortées
Le miroir n’a de tain, il reflète l’intérieur
Que se lève le Vent des Humbles
Il parle aux oiseaux et s’invite à nos tables
Et c’est Vent d’allégresse au Devenir des Hommes
La Solitude ce soir me sera pierre à rouler
Je retournerai la tristesse de l’intérieur et entonnerai un chant de grâce
Que gronde Eol aux cœurs des soupirants
Je tendrai l’oreille aux frémissements des marées
Il est en l’Océan des Vaisseaux solitaires
Que danse ce Vent nouveau aux jupes de toile
Que se gonflent les dentelles des voiles mouillées
Il est aux Vaisseaux solitaires des Amants audacieux
Et j’irai silencieuse à vos tables oubliées
Il est des gestes fous aux repas des Noces désertés
J’oserai un Vin nouveau au granit des sureaux
Que fermente la sève aux tonneaux des noyés
L’Océan entonne un chant d’outre-tombe
Et c’est chant oublié aux épaves endormies
La femme d’âge s’aventure en ces lieux
Elle soulève les vagues et renverse les linceuls
Il est aux Vents des Morts des sons à inventer
Que se lèvent les voiles à l’apocalypse des Justes
Et c’est astre renversé aux sourires édentés
Et c’est cohorte d’Hommes et de Femmes aux cérémonies improvisées
La Femme cette nuit retrouve ses mots
Il est au recueil des nuits des renaissances inattendues
Et j’irai seule encore aux faîtes des écumes salées
Brandissant le lys aux fragrances des algues
Je me draperai d’or et de corail
Amante encore d’une promesse à venir

samedi 23 juin 2012

Il est au Cabinet des Curiosités ...




Jadis, s’ouvrait aux entrailles cramoisies
Un antre de Dieux déchus
Cerneaux de failles aux seins dévoilés des vierges
Pas effrayés aux traverses évanouies
Je repends la Mer
Océan d’encre au détour des destins
Et il est au ciel une carte improvisée
Planisphère mouillé aux vertus réservées
Et les feuilles rouillent aux algues alanguies
Sermons dissimulés au vélin des seiches
L’odeur est acre en ces tisons noyés
Ivresse de vitraux aquatiques aux tréfonds des abysses
Le sel se joue des lys tailladés
Il ouvre à cru l’entre-deux des passages interdits
Et c’est là que je m’engouffre
Il est aux paysages envoûtés des portes grandes-ouvertes
Je pensais parcourir le monde
Il est en mon sein de grands vents dissipés
J’ouvre de l’intérieur le grimoire des cellules muettes
Je descelle d’une chiquenaude l’empire des athanors vermoulus
L’os des mendiants a un goût de pêche
Comme au solstice des timbres miniatures
L’immensité du monde offerte
Entends-tu résonner au loin le rugissement des fauves
L’Océan abrite en son corps une jungle défaite
Et je passe doucement le seuil des égarés
Je viens de mon enfance et de ces solitudes apprivoisées
J’irai désormais au centre des vestiges dissimulés
Il est aux silences déchus des couronnes de Souverain
Qu’un coup de reins, ma foi, ne saurait destituer
Aux Dieux de l’abîme, le sursaut serait prompt
Equinoxes oisives au croisement des chemins
Et au-delà encore sont les poudres de squelettes broyés
Mines occultes de passés réformés
De grands itinéraires avalés aux gueules des lions
Hampes rougeoyantes au plaisir des jardins
La grille s’émeut au minimalisme des Mers
Floraison aléatoire aux statuaires ensevelis
Il est aux mémoires de pierres des foisonnements éblouissants
Et je ne sais s’ils sont de beauté ou de laideur
Peu m’importe d’ailleurs
Le laid n’a de prix que dans l’œil des voyeurs
Les visionnaires, eux, connaissent la saveur des trésors ensevelis
Et je lève la torche en cette sous-marine épopée
Les chevaux s’impatientent aux paddocks des ancêtres
Passe cet homme aimé, la rose à la boutonnière
«  Vive le vent, vive le vent d’hiver » …
Clin d’œil furtif au grand ventre de coke
Le coke en ce temps – là avait la noirceur des mines
Poudre calcinée aux pages vierges des romans
Et c’est un songe en mer comme jamais encore il n’en fût
L’encre dissimule les bustes d’émeraude
Courbes audacieuses aux urnes stériles
Je lance aux flots l’amertume des regrets
Poussière d’or au Miroir céleste
J’arpente désormais les artères de mon corps
Flux et reflux elliptique d’un univers inversé
Cabinet curieux à se dire et se dédire
Etonnement incessant aux verticalités insoumises
Marbre opacifié aux failles apprivoisées
Il est aux Chants de Mer des Audaces océanes
Et c’est frémissement en mon âme que ces apnées dissimulées
Lenteur apprivoisée aux immobilités imposées






dimanche 27 mai 2012

Je suis venue de nuit ...


Je suis venue de nuit distiller ton errance
Réveiller aux mémoires des solitudes apprises
Argumenter de chiffres de salvatrices répulsions
Parures d'éternité aux silences dissimulés
Luxure d'or aux fragrances abyssales
J'ouvre alors le Grand Livre des promesses endeuillées
Secoue d'un geste rédempteur les poussières ailées
L'ombre a pour l'heure  des désirs de marbre noir
La griffure des plumes en caresses insolites
Le parchemin se souvient de la vie ôtée
L'encre se remet à peine d' amours sépiacées
Ivresses d'algues aux lits d'outre -tombe
Murmures - océans aux psaumes millénaires
Divergence obligée aux lendemains brumeux
...
Aube nourricière au sous-venir d'embrun
Il est aux vagues figées des paysages inédits
Arrêter le temps et suspendre le sel
Les pratriciennes sont venues vêtues de prusse et d'écume
Auréolées d'amertume et de lichen ambré
Devines-tu au détour des échos ces chants de sirènes échouées
Procréation avortée aux falsifications des cartes
Et je me relèverai, héritière étonnée de ces noces insolites
 Miroir sans tain d'un ciel obscurci
Il est aux Tours de Babel incendiées des Pentecôtes virginales
Les mots se souvenant de pierres  d'effroi et de sable carmin
Aux ailes des colombes des échancrures de dentelles souillée
Viendra la Grande Crainte des sécheresses et des Veuves
L'Océan en agonie de mémoire diluvienne
Larmes de Dieux en  reflets de nacre
Errance de perles aux fermetures minérales
...
Aurore promise au parvis de cathédrales éteintes
Fissures gravées de vagues destinées
Et je serai d'algues sombres et de morne tourment
D'aspiration mouvante et d'alliance secrète
Psaumes d'émeraude aux encolures à venir
D' ébauche -espoir et de transhumance infligée
...



samedi 12 mai 2012

Il est aux fissures d'Amour de plume ...



Il est aux fissures d’Amour de plume
Des échancrures inédites
Des mots à disséquer
Et l’épousée elle-même sort de la chambre nuptiale
Elle tourne avec méthode les aiguilles d’un pendule rouillé
Renverse la vapeur d’une promesse avortée
Chante à corps perdu les psaumes disséqués
Antigone différée aux orgues des Mers déchaînées
Et vous croyez, Hommes de peu de foi qu’il suffit d’un renoncement pour heurter les certitudes
La poésie n’a que faire des retournements imposés
Elle délivre solitaire les mots réservés
La page blanche recueille étonnée les ébauches calcinées
Encre inversée au calame d’une plume voilée
Et vous voudriez que je dorme tranquille
J’irai encore et toujours de l’avant
On ne tue le poète en menace d’internement
Il rit à gorge déployée et s’aventure aux ailes d’albatros
Il est aux fous, aux sages et aux faiseurs de mots des syllabes communes
Juste oser les entendre et ne point les pourfendre
Il est Aux Amours de plumes de beaux lendemains encore
Une plume au chapeau en pirouette de sablier
...

jeudi 10 mai 2012

Dérive vermeille ...


Dérive vermeille au pont brisé 
 Transhumance d’algues déferlantes
 Entends-tu à l’horizon poindre la ligne incarnat ? 
Cicatrice écarlate aux silences trop pleins
 J’irai vierge en ce monde inexploré
 Y recueillerai la sève des solitudes carminées 
Au retour, doucement J’ornerai la proue d’amaryllis destituées
 M’évanouirai aux draps assombris d’une nuit particulière
 Tu te demanderas longtemps encore si j’étais réelle ou songe
 Le souvenir se joue parfois de nos certitudes
 A la paroi des coffres endormis
 J’oserai la caresse rédemptrice
 Les pétales, la nuit révèlent leurs secrets éphémères 
Je distillerai leur parfum à tes cris de folie 
Tu te demanderas toujours s’ils sont vivants ou morts 
Les sens se jouent peut-être de nos habitudes
 Et, passant dans la rue, tu souriras, muet aux ombres fatiguées
 L’Amour seul ose les chemins de traverse 
Encre rougeoyante aux versants des averses 
Mots fragiles aux cœurs des amants dispersés


mercredi 28 mars 2012

Il est des apocalypses déchues ...


Il est des apocalypses déchues aux livres occultés ...
Le voile brutalement se déchire, agonisant de censures induites

Et je brise le carcan des certitudes

J’offre au stylet impatient un règne de semences avortées
Les prêtresses, les mains chargées de gerbes bravent les eaux

Elles osent un monde nouveau aux ruines des cités englouties ...

Au feu des abysses se décline l’insolence des outragés

De hautes pensées au vent occupent encore mon silence

Et vous croyez que je suis muette ?

L’océan anesthésie mes œuvres et distille le serment des algues

La mémoire des gisants y grave des relents d’amertume

Et j’évapore aux vies disséminées des teintes d’incarnat

Vitrail aquatique aux enceintes prodigues

C’est aux relents d’iode aujourd’hui que j’aspire

D’écume arrachée au poitrail des baleines

D’indigo inspiré aux parois de corail

De noirceur oubliée aux ventres de pieuvres

De semences régurgitées aux gorges de seiches

Et j’arracherai au naufragé le fémur du repos

Taillerai en son sein le stylet des abysses

Je t’écrirai, Mon Amour les paroles interdites

Nourrirai de mon sang le sceau des promesses

Traduite sans recours au procès des oubliés

samedi 24 mars 2012

Elles sont venues ...


Le nacre des pauvres s'est offert cette nuit un silence de noces
Parfum d'amandes aux embruns lunaires
Elles sont venues les prêtresses aux cheveux dénoués
Lisser d'une vague caresse les tourments disséqués
Et c'est paix en mon âme aux parfums d'églantiers
...
Le sacre des pauvres s'est offert cette nuit une licence de roses
Flagrances d'émeraude aux desseins lapidaires
Elles vont nues, les maîtresses aux yeux enjoués
Briser d'une vague averse les crémants renversés
Et c'est verbe en mon âme aux senteurs des pruniers
...
Le fiacre des pauvres s'est offert cette nuit une audience de prose
Fréquences lapidées aux engeances gémellaires
Elles vont drues, les promesses aux serments oubliés
Glisser d'une vague excuse les fragments dévoués
Et c'est fête en mon âme aux flagrances des rosiers
...




vendredi 23 mars 2012

Il m'a dit ...



Il m'a dit " Tu as droit à ce bruit de la mer qui se défend des baies marécageuses "
J'ai dégrafé l'oeillère des pochettes ennoblies
L'air marin se complait aux poitrines qui se soulèvent
Pans de cathédrale antique en épave de cité
Les anges ce soir ont goudronné leurs ailes aux algues enlisées
Anges de suie à une humanité malade
Et vous voudriez que je dorme tranquille
Il est aux souffrances du monde des soupirs inépuisables
Les plus grandes misères sont celles dont on ne parle pas
Et vous voudriez que je me taise
Que je taise ces enfants qui meurent de faim et sous les bombes
Motus et bouche cousue
No comment
Et je reprends la voile d'un Kaïkan meurtri
Les plus grandes fragilités sont celles qui me sont couronnées
Douleurs sourdes au seuil des passagers clandestins
Tour de babel qui trouve sa pentecôte
Tour de pise aux illusions de circonstance
La vertu des bien-pensants a un goût d'amertume
Je revendique la bâtardise des errances de lumière
Eclat de rire aux pétales des lys embaumés
Et j'irai droit encore aux détours des marées
Ici, là et ici aux dépends des bienseillances
Rire et sourire aux visages défaits
Ecrire une rencontre aux dos courbés
Panser une blessure aux vieillesses imposées
Briguer une audience aux procès imaginés
Couvrir d'une couvrante les corps dépossédés
Ose enfin un sourire aux bouches édentées
Et tendre une main aux manchots accidentés
Offrir enfin un bouquet aux poètes des rues et aux enfants innocents
J'irai encore jusqu'à bout de forces
Tel est mon chemin
Tel est mon désespoir et ma poudre de perlimpinpin à la fois
...



samedi 17 mars 2012

Il est des odeurs tenaces qui ne demandent qu'à renaître ...


Entre ombre et lumière, je creuse ma route ...
La nuit dialogue aisément avec les vaisseaux ...
La lumière ose déranger les caveaux et je suis en pleine métamorphose ...
Jusqu'à l'heure, la solitude m'était dérangeante ...
Je m'aventure à présent à la côtoyer en alliée et en suis la première surprise ...
...
Je continue mon exploration d'algues, ceux qui me connaissent savent combien ces explorations peuvent me tenir à coeur et m'accompagner ...
M'en sont témoins les seiches et fougères ...
...
Me voilà donc à " empreinter " aux algues leurs formes et dynamisme ...
Et surprenante, enivrante, l'odeur de l'océan me submerge ...
Il suffisait juste d'un peu d'eau pour réveiller le souvenir des embruns ...
Et l'algue est là, elle impose ses paysages ...

D'empreintes en empreintes, je découvre des univers insoupçonnés ...
Les panneaux s'habitent de légendes et d'aventures de marins ...
Noir et blanc tranchent ...
L'algue et le sable en savent quelque chose ...
...
A mes côtés, flottent les voiles de papier ...
Ils me seront compagnons de voyage ...
...
La solitude aime à se glisser dans l'imaginaire des vaisseaux ...
...

dimanche 12 février 2012

J'ai le coeur en tristesse ...


J’ai le cœur en tristesse et l’âme déployée en cette heure

Tant de souffrance et de beauté se côtoient en ce monde

Comment ne pas en perdre le Nord ?

Mes mots seront de missive ce soir

Comme des mots adressés à un ami

Comme des verbes offerts au lieu

Je revois les défunts, tous ces défunts proches qui ont quitté leur corps et j’ai l’âme en peine

Ciel , que le deuil est parfois long à étendre ses ailes

J’accompagne chaque visage, proche ou moins connu de mes douces pensées

L’ambiance d’une herboristerie me remonte à la gorge, inattendue, incontrôlable

Et j’ai envie de te dire que je t’aime, Mon Frère et que tu me manques

Sois en paix en ton chemin

Je prends le relais auprès des parents

Et vous, Amis et âmes côtoyées ici, ailleurs

Chacune de vous m’est empreinte au cœur

Je cultive votre image pour mieux la dissiper et vous rendre libres

Vous qui me devancez de l’autre côté du seuil

J’offre à vos âmes un sourire discret

Dehors il neige et c’est paix offerte

L’immensité du silence en de légers flocons

Demain sera autre

J’ai l’âme en peine ce soir et je laisse couler mes larmes





Et c'était cérémonie funèbre aux entrailles d'Océan ...


Et c'était cérémonie funèbre aux entrailles d'Océan ...
Aigreur en oraison d’étranges dormitions
Honte sur vos paix de pacotilles
Honte sur vos conciliations
Que monte la rage des silencieux
Que s’arment les femmes aux corps des sentinelles
A trop se taire se meurent les guerrières
Et que gronde la révolte au créneau des écumes
Et que résonne le chant des abysses opprimés
La Mer, cette nuit a épousé le rouge
A en rire, à en crier et perdre haleine
Rouge de sang aux promesses avortées
Rouge des menstrues aux marées incessantes
Rouge de colère aux orages des cieux
Rouge cramoisi à vos soutanes vieillies
Rouge indélébile au tocsin de folie
La cathédrale de Mer ouvrira ses portes
J’ai le cœur en exil et l’âme disloquée
J’ai mal au monde et froid en son antre
Rouge sordide des fillettes excisées
Rouge de honte des enfants mutilés
Rouge de sang des paroles abolies
J’ai la colère aux veines et le cœur en effroi
Et vous voudriez que je dorme tranquille
Rouge écarlate des réfugiés niés
Rouge givré des mendiants esseulés
Rouge de condescendance des pièces déposées
Rouge muet des regards détournés
Rouge aux poignets des écrits censurés
Rouge au cœur des libertés volées
Rouge de détresse des enfants armés
Rouge déraison des soldats enivrés
Rouge de cri des langues arrachées
Rouge trahison des plaintes ignorées
Rouge aux joues des hontes imposées
Rouge aux doigts des vieux abandonnés
Rouge aux seins des mères violées
Rouge au bras des enfants arrachés
Il était dit qu’en ces lieux s’inaugurerait une paix rédemptrice
Le temps serait de mise
Quoi de mieux que ces flots colorés pour une âme désertée
J’ai le cœur en exil et la tête anesthésiée
Sang des relevailles aux promesses de nouveaux – nés
Sang de la vierge en noces consenties
Sang des innocents aux accents de liberté
Sang de délivrance aux chaînes rouillées
Sang de promesses aux mots délivrés
Vous pensiez donc, Hommes bien pensants, que je me contenterais de vos abjections ?
L’horreur a déteint au socle des dalles
Et c’est fête carmin au banquet des épaves
Le derrick ressurgit des flots
Il chante à l’immensité
Ne le voyez-vous pas fendre les crinières d’algues rougies ?
Il est au noir de mer un rouge de révolte
Et c’est danse endiablée au sein des Eaux troublées
Le vaisseau sort de ses gonds
Il s’enivre de sel, dessine le gouvernail
Que se gonflent les voiles aux encres de la nuit
Sextant et boussole osent un nouvel oracle
Point de pointillés en cette gestation
Juste une espérance de vie pleine et ample
Et c’est chant de guerre pacifiant aux entrailles d’Océan
J’ai le cœur en déroute et l’âme en désarroi
Tendant mes arcs pour mieux vous défendre
Reniant les lois pour oser vous chanter
Bravant l’interdit pour ouvrir votre voix
Rouge de bouquet tendu pour mieux vous laisser dire
Que se reposent les voiles au sortir de l’enfer
D’avoir trop longtemps gît s’ébroue le cœur en apnée
S’arrêter un instant et oser cette trêve
La paix trouve asile au palpitant d’espoir
Rouge de braise aux nuits figées
Rouge de framboises aux lèvres desséchées
Rouge de soie au corps fatigué
Rouge de pétales au lit défait
Et je m’étendrai là, ermite d’un instant
Savourant l’accalmie de l’onde recueillie
Coupelle vermeille d'un destin à écrire


jeudi 9 février 2012

Il est des sentinelles noires ...

Il est des sentinelles noires aux secrets d’alcôves encrées
Que viennent les Femmes au Miroir des capes éventrées
Longues processions muettes au désir caché des Hommes
Et cela sentait le soufre et l’insondable foutre
Il est des choses à dire au détour de ces contrées dissipées
Mains tendues au corps tendu de l’Homme
Coupelle – réceptacle aux plaisirs assouvis
Se souviennent nos mères de ces semences épuisées
Et c’est Mer de sacre en mon sein retrouvée
Et c’est plainte de femme au poids abandonné des corps
Vagues et divagations aux périples des nuits
Entendez-vous, Passeurs naître la sourde rumeur
L’Heure des rédemptions approche
Et déborde l’ossuaire
Calcaire d’os givrés aux dalles obscures d’abysses
Il est des sentinelles muettes aux portails entrouverts des Temples
Faces révélées au tain fade de miroirs éteints
Le visage est de givre et d’algues le corps
Il est au royaume des Femmes des pendants d’améthyste
Des colliers d’ambre sacrée aux courbes de leurs tailles
Me direz-vous Passeur le secret des alcôves brisées ?
Que sonnent les cors et se déploient les draps
Draps d’écume érigés au linceul d’héritages offusqués
Et j’irai dénudée au sortir de marées hivernales
Transparente à vos yeux et close à vos désirs
J’épouserai de nuit le ventre des enfants nés de nulle part
Veillerai à leurs songes au détour de plages assoupies
Ma voix se fera onde à leurs yeux endormis
Mes gestes tendres à leur cou relâché
J’oserai un chant nouveau à leurs lèvres entr’ouvertes
Il est des secrets de mère aux couches des héritiers
Solitude et ténèbres au souvenir ancré des mystes
J’irai mouvante et insolente
Tendre et nonchalante
Glisser un mot de passe enjoué aux oreilles des sentinelles obscures
La suite sera de grâce
Emmurée à jamais aux dalles figées des tombes
Et si, d’aventure vous y croisez quelqu’algue
Tendez l’oreille
L’océan est tout proche et le secret de marbre fissuré
...

mercredi 8 février 2012

Il est né cette nuit ...


Il est né cette nuit, l’enfant de nulle part
Engendré au solstice d’un monde d’algues noircies
Naissance éthérée au chevet d’Athanors givrés
Il s’est arraché de mon ventre avec ses beaux yeux d’or
A souri de cette audace épuisée des Humbles
Arraché de mon sein sa patrie d’amertume
Exigeant, sans détour, ce lait, pour ici léguer son œuvre
L’œuvre d’un instant
Sa vie serait brève
De naître là, au sortir d’un gel inattendu lui serait fatal
Il m’a tendu alors le Livre des naufragés
Ce testament vertical des âmes d’outre-tombe
Epopée posthume des visages éteints
Et ce fut merveille que d’ouïr ce périple
La Mer est entrée en cette outre de misère
L’Océan minimal concentre en son sein des myriades de destinées
L’enfant né roi gouvernait en lieu dit Lémurie
Tout alors n’y était que songes et languissantes graphies
Le moindre émoi des eaux transfigurait en tableaux éphémères les longues transhumances d’Hommes
Point d immobilité en ces contrées
La moindre fixité épuisait l’once de vie
Elles sont venues les prêtresses d’algues sombres
Ont déposé aux pieds du Prince leur Chant de mémoire
Et c’est souvenir d’Humanité que de revivre cet instant
Elles sont venues ces Femmes ouvertes aux astres
Guides mariales vers un autre devenir
Femmes dansantes aux songes d’infinies injonctions
Le cœur en éveil et l’âme de lumière
Eurythmie végétale aux clairvoyances des peuples
Et c’est honneur que de lire ces esquisses prophétiques
La convalescence d’une nuit contemporaine ouvre aux Origines
Il n’est de tableau plus grandiose que cette lente migration
L’Océan garde la mémoire fluide de ces temps révolus
J’y plonge à chaque fois en patrie retrouvée
Femme océane en mélancolie d’autrefois
Nostalgie incontournable d’un corps non figé
L’enfant des algues est revenu de nuit
L’espace d’un instant pour soulager ma peine
J’ai le Nord en exil et le corps retourné
A l’âme, une empreinte salée aux contours de lumière
Scarification végétale d’un Leg Mystérieux
Oracle des Passeurs en mon sein déposé


mardi 7 février 2012

Et c'est un monde en moi ...


Et c’est un monde en moi qui à l’aube s’est disloqué
Longtemps, j’ai erré aux portes de l’Obscur
Happée plus que de raison par d’âcres saveurs et d’innommables senteurs
Longtemps, j’ai caressé les remparts de cette sombre attirance
Laissant ici et là quelque lambeau de lèvre
Longtemps, j’ai baissé l’échine aux sueurs de vos promesses, aspirant, naïve à de plus hauts desseins
En cet instant présent, le ciel en soit garant, j’ai disloqué un monde au creux de mes entrailles
Une fissure de lumière, tranchante comme un glaive
Un frisson de lumière doux comme une caresse
Brisure de lumière à la paralysie des glaces
J’ai le Nord givré et le cœur en déroute
Elles sont venues, mes sœurs de sort, les bras chargés de relents d’Océans et de capes d’algues noires
Elles sont venues, sœurs d’infortune, le couteau à la main et le Livre au cœur
Point de conseil
Pas plus que d’injonction
Une invitation muette à couper le lien
Point de mensonge en leur âme
Un sourire sourd
Omission d’apparat
Et le vent a grondé
Et la Mer s’est figée
Et mon bras s’est levé
Et j’ai rompu les amarres au cœur de mon indécision
Libérant à la fois et l’Amant et l’Amante
J’ai le Nord en dérive et les yeux ivres de sel
J’irai désormais sans me retourner
Devant, toujours devant
En ces contrées d’Océan et d’algues disloquées
J’irai témoigner aux fureurs d’écume que la voie est souveraine et puérile l’illusion
Je monterai aux faîtes des vagues et chanterai au monde d’outre tombe ce Chant Kaïkanesque qui est mien depuis la nuit des Temps
Longtemps, j’ai erré aux portes de l’Obscur
J’entre à présent en ce Temple où La Lumière est reine et complices Les Ténèbres
Je coucherai au lit du vaisseau un corps fatigué
Membres rompus aux poids de trop lourdes charges
Je ferai ma couche de ces algues d’amertume pour ne point sombrer en d’indicibles songes
Je m’inventerai en interlude des promesses de chaleur
Juste de quoi éventrer de souffre les relents du bucher
Et je figerai en un cri libérateur l’audace d’un tourment
L’évocation d’un Nord brisé et d’un monde convulsé



dimanche 5 février 2012

Et c'est un Chant de Mer ...


Et c’est un Chant de Mer qui en moi s’est figé
Les grandes migratrices étayent leurs légendes aux parois de ports de fortune
Soldes d’algues aux mains tendues d’impossibles amours
Soldes d’algues aux mains distendues d’offrandes fallacieuses
Et c’était honte que de nourrir ces illusoires promesses
Transhumance mystifiées aux lèvres de faux oracles
J’ai le Nord en exil et la vie en mensonge ibérique
Prenez garde, les vaisseaux paralytiques ne s’immobilisent que d’apparence
Ils dérivent aux strates d’itinéraires invisibles
Tracés écumés qui disent les noyés et les épaves englouties
Il est un monde obscur qui brille de mille feux
Flammes gelées aux fronts des lumières
Et je dirai les oiseaux de passage qui se brûlent les ailes aux éclats de rire
Et je dirai ces algues sculptées d’étranges cristaux d’outre tombe
Au sein de Mers occultes s’allaitent les d’enfants orphelins
Et c’est un chant de Mer qui en moi s’est éteint
J’ai le cœur en exil et la poitrine vide
Je me vêtirai dans l’heure d’une parure d’algues épuisées
Veillerai au grain de nouvelles moissons océanes
Une chape de glace me préservera du monde
Et c’est là, en ce lit de givre que je tisserai les liens d’amertume
Songes lémuriens d’un passé révolu
Oracle providentiel d’une éclosion à venir