
Le voile brutalement se déchire, agonisant de censures induites
Et je brise le carcan des certitudes
J’offre au stylet impatient un règne de semences avortées
Les prêtresses, les mains chargées de gerbes bravent les eaux
Elles osent un monde nouveau aux ruines des cités englouties ...
Au feu des abysses se décline l’insolence des outragés
De hautes pensées au vent occupent encore mon silence
Et vous croyez que je suis muette ?
L’océan anesthésie mes œuvres et distille le serment des algues
La mémoire des gisants y grave des relents d’amertume
Et j’évapore aux vies disséminées des teintes d’incarnat
Vitrail aquatique aux enceintes prodigues
C’est aux relents d’iode aujourd’hui que j’aspire
D’écume arrachée au poitrail des baleines
D’indigo inspiré aux parois de corail
De noirceur oubliée aux ventres de pieuvres
De semences régurgitées aux gorges de seiches
Et j’arracherai au naufragé le fémur du repos
Taillerai en son sein le stylet des abysses
Je t’écrirai, Mon Amour les paroles interdites
Nourrirai de mon sang le sceau des promesses
Traduite sans recours au procès des oubliés