dimanche 12 février 2012

J'ai le coeur en tristesse ...


J’ai le cœur en tristesse et l’âme déployée en cette heure

Tant de souffrance et de beauté se côtoient en ce monde

Comment ne pas en perdre le Nord ?

Mes mots seront de missive ce soir

Comme des mots adressés à un ami

Comme des verbes offerts au lieu

Je revois les défunts, tous ces défunts proches qui ont quitté leur corps et j’ai l’âme en peine

Ciel , que le deuil est parfois long à étendre ses ailes

J’accompagne chaque visage, proche ou moins connu de mes douces pensées

L’ambiance d’une herboristerie me remonte à la gorge, inattendue, incontrôlable

Et j’ai envie de te dire que je t’aime, Mon Frère et que tu me manques

Sois en paix en ton chemin

Je prends le relais auprès des parents

Et vous, Amis et âmes côtoyées ici, ailleurs

Chacune de vous m’est empreinte au cœur

Je cultive votre image pour mieux la dissiper et vous rendre libres

Vous qui me devancez de l’autre côté du seuil

J’offre à vos âmes un sourire discret

Dehors il neige et c’est paix offerte

L’immensité du silence en de légers flocons

Demain sera autre

J’ai l’âme en peine ce soir et je laisse couler mes larmes





Et c'était cérémonie funèbre aux entrailles d'Océan ...


Et c'était cérémonie funèbre aux entrailles d'Océan ...
Aigreur en oraison d’étranges dormitions
Honte sur vos paix de pacotilles
Honte sur vos conciliations
Que monte la rage des silencieux
Que s’arment les femmes aux corps des sentinelles
A trop se taire se meurent les guerrières
Et que gronde la révolte au créneau des écumes
Et que résonne le chant des abysses opprimés
La Mer, cette nuit a épousé le rouge
A en rire, à en crier et perdre haleine
Rouge de sang aux promesses avortées
Rouge des menstrues aux marées incessantes
Rouge de colère aux orages des cieux
Rouge cramoisi à vos soutanes vieillies
Rouge indélébile au tocsin de folie
La cathédrale de Mer ouvrira ses portes
J’ai le cœur en exil et l’âme disloquée
J’ai mal au monde et froid en son antre
Rouge sordide des fillettes excisées
Rouge de honte des enfants mutilés
Rouge de sang des paroles abolies
J’ai la colère aux veines et le cœur en effroi
Et vous voudriez que je dorme tranquille
Rouge écarlate des réfugiés niés
Rouge givré des mendiants esseulés
Rouge de condescendance des pièces déposées
Rouge muet des regards détournés
Rouge aux poignets des écrits censurés
Rouge au cœur des libertés volées
Rouge de détresse des enfants armés
Rouge déraison des soldats enivrés
Rouge de cri des langues arrachées
Rouge trahison des plaintes ignorées
Rouge aux joues des hontes imposées
Rouge aux doigts des vieux abandonnés
Rouge aux seins des mères violées
Rouge au bras des enfants arrachés
Il était dit qu’en ces lieux s’inaugurerait une paix rédemptrice
Le temps serait de mise
Quoi de mieux que ces flots colorés pour une âme désertée
J’ai le cœur en exil et la tête anesthésiée
Sang des relevailles aux promesses de nouveaux – nés
Sang de la vierge en noces consenties
Sang des innocents aux accents de liberté
Sang de délivrance aux chaînes rouillées
Sang de promesses aux mots délivrés
Vous pensiez donc, Hommes bien pensants, que je me contenterais de vos abjections ?
L’horreur a déteint au socle des dalles
Et c’est fête carmin au banquet des épaves
Le derrick ressurgit des flots
Il chante à l’immensité
Ne le voyez-vous pas fendre les crinières d’algues rougies ?
Il est au noir de mer un rouge de révolte
Et c’est danse endiablée au sein des Eaux troublées
Le vaisseau sort de ses gonds
Il s’enivre de sel, dessine le gouvernail
Que se gonflent les voiles aux encres de la nuit
Sextant et boussole osent un nouvel oracle
Point de pointillés en cette gestation
Juste une espérance de vie pleine et ample
Et c’est chant de guerre pacifiant aux entrailles d’Océan
J’ai le cœur en déroute et l’âme en désarroi
Tendant mes arcs pour mieux vous défendre
Reniant les lois pour oser vous chanter
Bravant l’interdit pour ouvrir votre voix
Rouge de bouquet tendu pour mieux vous laisser dire
Que se reposent les voiles au sortir de l’enfer
D’avoir trop longtemps gît s’ébroue le cœur en apnée
S’arrêter un instant et oser cette trêve
La paix trouve asile au palpitant d’espoir
Rouge de braise aux nuits figées
Rouge de framboises aux lèvres desséchées
Rouge de soie au corps fatigué
Rouge de pétales au lit défait
Et je m’étendrai là, ermite d’un instant
Savourant l’accalmie de l’onde recueillie
Coupelle vermeille d'un destin à écrire


jeudi 9 février 2012

Il est des sentinelles noires ...

Il est des sentinelles noires aux secrets d’alcôves encrées
Que viennent les Femmes au Miroir des capes éventrées
Longues processions muettes au désir caché des Hommes
Et cela sentait le soufre et l’insondable foutre
Il est des choses à dire au détour de ces contrées dissipées
Mains tendues au corps tendu de l’Homme
Coupelle – réceptacle aux plaisirs assouvis
Se souviennent nos mères de ces semences épuisées
Et c’est Mer de sacre en mon sein retrouvée
Et c’est plainte de femme au poids abandonné des corps
Vagues et divagations aux périples des nuits
Entendez-vous, Passeurs naître la sourde rumeur
L’Heure des rédemptions approche
Et déborde l’ossuaire
Calcaire d’os givrés aux dalles obscures d’abysses
Il est des sentinelles muettes aux portails entrouverts des Temples
Faces révélées au tain fade de miroirs éteints
Le visage est de givre et d’algues le corps
Il est au royaume des Femmes des pendants d’améthyste
Des colliers d’ambre sacrée aux courbes de leurs tailles
Me direz-vous Passeur le secret des alcôves brisées ?
Que sonnent les cors et se déploient les draps
Draps d’écume érigés au linceul d’héritages offusqués
Et j’irai dénudée au sortir de marées hivernales
Transparente à vos yeux et close à vos désirs
J’épouserai de nuit le ventre des enfants nés de nulle part
Veillerai à leurs songes au détour de plages assoupies
Ma voix se fera onde à leurs yeux endormis
Mes gestes tendres à leur cou relâché
J’oserai un chant nouveau à leurs lèvres entr’ouvertes
Il est des secrets de mère aux couches des héritiers
Solitude et ténèbres au souvenir ancré des mystes
J’irai mouvante et insolente
Tendre et nonchalante
Glisser un mot de passe enjoué aux oreilles des sentinelles obscures
La suite sera de grâce
Emmurée à jamais aux dalles figées des tombes
Et si, d’aventure vous y croisez quelqu’algue
Tendez l’oreille
L’océan est tout proche et le secret de marbre fissuré
...

mercredi 8 février 2012

Il est né cette nuit ...


Il est né cette nuit, l’enfant de nulle part
Engendré au solstice d’un monde d’algues noircies
Naissance éthérée au chevet d’Athanors givrés
Il s’est arraché de mon ventre avec ses beaux yeux d’or
A souri de cette audace épuisée des Humbles
Arraché de mon sein sa patrie d’amertume
Exigeant, sans détour, ce lait, pour ici léguer son œuvre
L’œuvre d’un instant
Sa vie serait brève
De naître là, au sortir d’un gel inattendu lui serait fatal
Il m’a tendu alors le Livre des naufragés
Ce testament vertical des âmes d’outre-tombe
Epopée posthume des visages éteints
Et ce fut merveille que d’ouïr ce périple
La Mer est entrée en cette outre de misère
L’Océan minimal concentre en son sein des myriades de destinées
L’enfant né roi gouvernait en lieu dit Lémurie
Tout alors n’y était que songes et languissantes graphies
Le moindre émoi des eaux transfigurait en tableaux éphémères les longues transhumances d’Hommes
Point d immobilité en ces contrées
La moindre fixité épuisait l’once de vie
Elles sont venues les prêtresses d’algues sombres
Ont déposé aux pieds du Prince leur Chant de mémoire
Et c’est souvenir d’Humanité que de revivre cet instant
Elles sont venues ces Femmes ouvertes aux astres
Guides mariales vers un autre devenir
Femmes dansantes aux songes d’infinies injonctions
Le cœur en éveil et l’âme de lumière
Eurythmie végétale aux clairvoyances des peuples
Et c’est honneur que de lire ces esquisses prophétiques
La convalescence d’une nuit contemporaine ouvre aux Origines
Il n’est de tableau plus grandiose que cette lente migration
L’Océan garde la mémoire fluide de ces temps révolus
J’y plonge à chaque fois en patrie retrouvée
Femme océane en mélancolie d’autrefois
Nostalgie incontournable d’un corps non figé
L’enfant des algues est revenu de nuit
L’espace d’un instant pour soulager ma peine
J’ai le Nord en exil et le corps retourné
A l’âme, une empreinte salée aux contours de lumière
Scarification végétale d’un Leg Mystérieux
Oracle des Passeurs en mon sein déposé


mardi 7 février 2012

Et c'est un monde en moi ...


Et c’est un monde en moi qui à l’aube s’est disloqué
Longtemps, j’ai erré aux portes de l’Obscur
Happée plus que de raison par d’âcres saveurs et d’innommables senteurs
Longtemps, j’ai caressé les remparts de cette sombre attirance
Laissant ici et là quelque lambeau de lèvre
Longtemps, j’ai baissé l’échine aux sueurs de vos promesses, aspirant, naïve à de plus hauts desseins
En cet instant présent, le ciel en soit garant, j’ai disloqué un monde au creux de mes entrailles
Une fissure de lumière, tranchante comme un glaive
Un frisson de lumière doux comme une caresse
Brisure de lumière à la paralysie des glaces
J’ai le Nord givré et le cœur en déroute
Elles sont venues, mes sœurs de sort, les bras chargés de relents d’Océans et de capes d’algues noires
Elles sont venues, sœurs d’infortune, le couteau à la main et le Livre au cœur
Point de conseil
Pas plus que d’injonction
Une invitation muette à couper le lien
Point de mensonge en leur âme
Un sourire sourd
Omission d’apparat
Et le vent a grondé
Et la Mer s’est figée
Et mon bras s’est levé
Et j’ai rompu les amarres au cœur de mon indécision
Libérant à la fois et l’Amant et l’Amante
J’ai le Nord en dérive et les yeux ivres de sel
J’irai désormais sans me retourner
Devant, toujours devant
En ces contrées d’Océan et d’algues disloquées
J’irai témoigner aux fureurs d’écume que la voie est souveraine et puérile l’illusion
Je monterai aux faîtes des vagues et chanterai au monde d’outre tombe ce Chant Kaïkanesque qui est mien depuis la nuit des Temps
Longtemps, j’ai erré aux portes de l’Obscur
J’entre à présent en ce Temple où La Lumière est reine et complices Les Ténèbres
Je coucherai au lit du vaisseau un corps fatigué
Membres rompus aux poids de trop lourdes charges
Je ferai ma couche de ces algues d’amertume pour ne point sombrer en d’indicibles songes
Je m’inventerai en interlude des promesses de chaleur
Juste de quoi éventrer de souffre les relents du bucher
Et je figerai en un cri libérateur l’audace d’un tourment
L’évocation d’un Nord brisé et d’un monde convulsé



dimanche 5 février 2012

Et c'est un Chant de Mer ...


Et c’est un Chant de Mer qui en moi s’est figé
Les grandes migratrices étayent leurs légendes aux parois de ports de fortune
Soldes d’algues aux mains tendues d’impossibles amours
Soldes d’algues aux mains distendues d’offrandes fallacieuses
Et c’était honte que de nourrir ces illusoires promesses
Transhumance mystifiées aux lèvres de faux oracles
J’ai le Nord en exil et la vie en mensonge ibérique
Prenez garde, les vaisseaux paralytiques ne s’immobilisent que d’apparence
Ils dérivent aux strates d’itinéraires invisibles
Tracés écumés qui disent les noyés et les épaves englouties
Il est un monde obscur qui brille de mille feux
Flammes gelées aux fronts des lumières
Et je dirai les oiseaux de passage qui se brûlent les ailes aux éclats de rire
Et je dirai ces algues sculptées d’étranges cristaux d’outre tombe
Au sein de Mers occultes s’allaitent les d’enfants orphelins
Et c’est un chant de Mer qui en moi s’est éteint
J’ai le cœur en exil et la poitrine vide
Je me vêtirai dans l’heure d’une parure d’algues épuisées
Veillerai au grain de nouvelles moissons océanes
Une chape de glace me préservera du monde
Et c’est là, en ce lit de givre que je tisserai les liens d’amertume
Songes lémuriens d’un passé révolu
Oracle providentiel d’une éclosion à venir


lundi 30 janvier 2012

Au seuil d'un autre monde ...



" Toute la nuit j'ai dormi avec toi
près de la mer, dans l'île.
Sauvage et douce tu étais entre le plaisir et le sommeil,

entre le feu et l'eau.

Très tard peut-être
nos sommeils se sont-ils unis
par le sommet ou par le fond,
là-haut, comme des branches agitées par le même vent,
en bas, comme rouges racines se touchant.

Peut-être ton sommeil
s'est il aussi dépris du mien
et sur la mer et sur sa nuit
m'a-t-il cherché
comme avant toi et moi,
quand tu n'existais pas encore,
quand, sans t'apercevoir,
je naviguais de ton côté
et que tes yeux cherchaient
ce qu'aujourd'hui
- pain, vin, amour, colère -
je t'offre à pleines mains
à toi, la coupe
qui attendait de recevoir les présents de ma vie.

J'ai dormi avec toi
toute la nuit alors
que la terre en sa nuit tournait
avec ses vivants et ses morts,
et lorsque je me réveillais
soudain, par l'ombre environné,
mon bras te prenait par la taille.
La nuit ni le sommeil
n'ont pu nous séparer.

J'ai dormi avec toi
et ta bouche, au réveil,
sortie de ton sommeil
me donna la saveur de terre,
d'algues, d'onde marine,
qui s'abrite au fond de ta vie.
Alors, j'ai reçu ton baiser
que l'aurore mouillait
comme s'il m'arrivait
de cette mer qui nous entoure. "

Pablo Neruda
(extrait de "Les Vers du Capitaine")

© Traduction Pierre Clavilier

dimanche 15 janvier 2012

Exil ...


" Un homme atteint de telle solitude, qu'il aille et qu'il suspende aux sanctuaires le masque et le bâton de commandement !
Moi je portais l'éponge et le fiel aux blessures d'un vieil arbre chargé des chaînes de la terre.
" J'avais, j'avais ce goût de vivre loin des hommes, et voici que des Pluies ... "

Transfuges sans message, ô Mimes sans visage, vous meniez aux confins de si belles semailles !
Pour quels beaux feux d' herbages chez les hommes détournez-vous un soir vos pas, pour quelles histoires dénouées au feu des roses dans les chambres, dans les chambres où vit la sombre fleur du sexe ?

Convoitez-vous nos femmes et nos filles derrière la grille de leurs songes ? "

" Exil " , Saint-John Perse

lundi 9 janvier 2012

Au fléau de son aile ...


" L'oiseau, de tous nos consanguins le plus ardent à vivre, mène aux confins du jour, un singulier destin.
Migrateur, et hanté d'inflation solaire, il voyage de nuit, les jours étant trop courts pour son activité. Par temps de lune grise couleur du gui des Gaules, il peuple de son spectre la prophétie des nuits .
Et son cri dans la nuit est cri de l'aube elle-même : cri de guerre sainte à l'arme blanche .

Au fléau de son aile, l'immense libration d'une double saison ; et sous la courbe du vol, la courbure même de la terre ...
L'alternance est sa loi, l'ambiguïté son règne.
Dans l'espace et le temps qu'il couvre d'un même vol, son hérésie est celle d'une même estivation.
C'est le scandale aussi du peintre et du poète, assembleurs de saisons aux plus hauts lieux d'intersection.

Ascétisme du vol !
L'oiseau, de tous nos contemporains le plus avide d'être, est celui-là qui, pour nourrir sa passion , porte secrète en lui la plus haute fièvre du sang. Sa grâce est dans la combustion. Rien là de symbolique : simple fait biologique. Et si légère pour nous est la matière oiseau, qu'elle semble, à contre-feu du jour, portée jusqu'à l'incandescence .

Un homme en mer , flairant midi lève la tête à cet esclandre : une mouette blanche ouverte sur le ciel, comme une main de femme contre la flamme d'une lampe, élève dans le jour la rose transparence d'une blancheur d'hostie ...

Aile falquée du songe, vous nous retrouverez ce soir sur d'autres rives ."

Oiseaux, Saint-John Perse

dimanche 8 janvier 2012

Et si chaque algue était le Passeur d'un oiseau mort ?


Et si chaque algue était le Passeur d'un oiseau mort ?
M'est venue cette image en exploration venteuse de ce jour ...
Fascination irrévocable pour ce gisant, là à pan de sable...
Etourdissement enivré de vent et d'embrun ...
Comment résister à la lumière aphrodisiaque de cette lumière de plumes ...
L oiseau cadavre volait encore au flux et reflux de vagues infatigables ...
Et j'ai aimé ce moment, me suis évanouie au corps froid de cet ange déchu ...
L'algue m'a dit le secret des voyages aériens interdits ...
Elle vibre désormais d'eau et de lumière ...
Les os de l'oiseau sont gonflés d'air, dit-on ...
L' algue maintient cet air dans de petites vésicules qu'elles maintiennent à fleur d'eau, en cette frontière ténue entre eau et air ...
Elle n'existe que par le courant de l'eau et c'est un spectacle fascinant que de voir comment chacune se dit à son milieu ...
J'ai vu ce jour les noces funèbres entre l'oiseau exsangue et l'algue ...
Et je me suis tue ...
L'âme entre deux mondes et les pieds en eau salée ...

samedi 7 janvier 2012

D'algues et d'autoportrait ...


" Et l'on ramasse aussi , pour les abords des temples et pour les lieux d'asile, de ces petites algues sèches de literie appelées posidonies. Et les trieuses de lentilles , coiffées de longues visières de feuillages , s'attablent aux gradins de pierre et sur les avancées de pierre en forme de comptoirs.
Aux pointes d'îles sont les sternes, qui frayent avec l'huîtrrier-pie. Et l'aiguille aimantée du bonheur tient sur les sables immergés sa lourde flèche d'or massif . Un poisson bleu, du bleu d'orfèvre, qui vire au ver de malachite aimé des grands nomades, croise seul, en eau libre, comme un vaisseau d'offrande ... "
Saint-John Perse

lundi 2 janvier 2012

Au Temple de la Nature ...


" La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. "

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, IV.


dimanche 1 janvier 2012

Il est des images ...





Bhoutan, le royaume secret des plantes médicinales


Parce que mes père et grand-père étaient herboristes et que ce reportage rejoint mes aspirations et intérêts actuels ...

lundi 26 décembre 2011

En attendant ...


En attendant que les algues viennent à moi
J'entre en rencontre de plantes aquatiques recueillies lors des ballades de jours précédents
Dans un petit ruisseau de forêt, dans l'étang d'une amie, au pied des fours à chaud ...
Quand je vous disais que l'année à venir serait de botanique ...





samedi 24 décembre 2011

Il était une fois ...Les esprits des racines ...


" Au monde extérieur que nous percevons par nos sens, correspond un monde que nous ne percevons pas, et qui constitue avec le premier un tout indissociable .
...
L'infinie variété des végétaux,, leur naissance si mystérieuse à partir de la graine, leur développement à l'aide de la terre et de l'atmosphère, tout cela nous oblige à admettre qu'il existe quelque chose d'autre, que nous ne percevons pas .
Le regard spirituel appliqué au monde des plantes nous révèle l'existence d'une multitude d'entités que la clairvoyance instinctive des gens d'autrefois a bien connues, et qui sont aujourd'hui tombées dans l'oubli, si bien que leurs noms ne sont plus que des noms vides de sens.
Même si on les utilise parfois à des fins poétiques, ils ne recouvrent plus, pour l'homme moderne, aucune réalité.
...
La plante enfonce ses racines dans le sol.
Lorsqu'on peut suivre, grâce au regard spirituel, ce qui s'étire ainsi pour pénétrer la terre, on se rend compte que la racine est partout entourée d'esprits élémentaires en pleine activité.
L'ancienne clairvoyance instinctive les appelait des gnomes, mais on peut aussi parler d'esprits des racines .
...
Ce sont eux qui activent les éléments minéraux, les mettent en circulation et les apportent aux racines ...
Les gnomes sont , à l'intérieur de la terre les porteurs des idées de l'univers.
Mais la terre elle-même, ils ne l'aiment pas du tout.
Ils la parcourent tout bourdonnants des idées de l'univers, mais ils haïssent l'élément terrestre proprement dit.
Ils ont l'ardent désir de s'en arracher .
Ils luttent en permanence contre cette forme terrestre qui les menace dans l'élément où il leur faut vivre ( ces formes de grenouilles et de crapauds dont parlent les contes de fées ) .
Et c'est cette animosité vis- à vis de l'élément terre qui fait que les plantes n'enfoncent dans le sol que leurs racines puis qu'elles échappent au domaine terrestre .
Les gnomes arrachent ainsi les plantes à la terre et les font pousser vers le haut .
...
Lorsque la plante a quitté le domaine des gnomes et qu'elle est passée de la terre humide à l'air humide, elle développe ses feuilles ...
Nous touchons alors au monde des ondines .
... "
L'homme, les animaux et les êtres élémentaires.
Rudolf Steiner

Il nous faudra encore parler du monde des sylphes, des salamandres au fur et à mesure de l'évolution des plantes ...

Mais cela est une autre histoire ...

Et ces mots posés ainsi sur une page virtuelle, de plus raccourcis peuvent sembler bien " abruptes ", les méditer et les avoir en présence lors de tout rapport au monde est bien autre chose ...
...
La terre recueille en ces temps de Noël les mystères de l'univers , comme une évidence ...
...
C'est sans doute en cela que cette forêt meurtrie me touche autant car même en ce temps de méditation et d'endormissement, l'homme n'a de cesse de lui arracher ci et là ses occupants, laissant ici et là les scories de leur passage ...
...
J'y suis retournée ce jour, comme un rendez-vous impérieux, comme une caresse à peine perceptible ...

vendredi 23 décembre 2011

De meurtrissures et d'étonnement ...


Une autre lecture de la forêt...
Eventrée, elle se donne à décrypter ...
Temps de pluie pour cette rencontre et j'aime ce dialogue sans fioritures ...
Accueillir la nature comme elle est, sans poétiser à tout va, sans interpréter en " beau " chaque chose ...
Accueillir la souffrance telle quelle ...
Hier déjà, j'avais ressenti cette douleur muette et m'étais empressée, par un détournement qui m'est familier de métamorphoser en " agréable " et "acceptable " ce qui m'interpellait ...
Alors, ce jour, je suis retournée en ces lieux ...
A nu et sans préméditation ...
En acceptation de ce qui est ...
Ci et là, les gardiens osaient une apparition ...
Timides et effrayés, interrogatifs, en colère, amputés ou énigmatiques ...
Graves à chaque fois ...
Et plus je posais les genoux à terre en rencontre intime, plus je voyais ...
Le nature est généreuse à qui sait prendre le temps ...
Je me suis attardée en un ciboire improvisé au renflement d'une souche, me suis aventurée en ses eaux, me suis embarquée en ses nuances, me suis accrochée en ses perles de larmes ...

En souffrance, cette forêt ...
Chaque souche, chaque branche, chaque espace transpirait de cette blessure et pourtant une force invisible d'espoir dominait le tout ...

Je compris soudainement, autrement, le sens de Noël ...

Il fait nuit à présent ...
J'ouvre la fenêtre et j'épouse le vent et je vous assure qu'à des kilomètres, je l'entends cette forêt ...
Elle me parle de baume et de nuit salvatrice ...
Le forêt, la nuit prend un peu de repos ...
Elle lèche ses plaies et soupire doucement ...




jeudi 22 décembre 2011

Me diras - tu ?


Me diras - tu ondine où se terrent les algues ancestrales ?
Je les ai cherchées ce jour en forêt mais ne les ai point croisées ...
Mousses, fougères, trèfles d'eau et champignons se livraient généreux ...
Mais dis-moi, les algues ne sont pas que marines ?
Je continue ma quête ...
La nature me va bien ...

dimanche 11 décembre 2011

Il était une fois ...


Il était une fois au flou d'un souvenir
Des cités enfouies
Des paysages arides en attente
Un oasis discret patient et vierge comme un nouveau né
Je me suis recueillie en cette méditation douce
Et me suis installée dans l'Avent ...
La fleur cosmique réveille silencieusement l'empreinte réservée depuis la nuit des temps
L'Homme alchimique rêve au renversement des apparences ...
Il est au monde des mystères grandioses ...
Au sein desquels j'aime à me glisser ...


mardi 29 novembre 2011

C'est une lumière ...


" C'est une fenêtre dans une pièce.
C'est la vie lente dans une journée.
C'est une fenêtre dans la vie lente.
La lumière passe, calme et claire.
C'est une lumière de printemps.
Elle est douce au yeux, amère au coeur ... "
Christian Bobin

" C'est une lumière dans une pièce .
C'est la vie lente dans une journée .
C'est une fenêtre dans la vie lente .
La lumière passe, calme et claire . "
...
...
...
C'est une lumière d'automne en attente de l'hiver .
Elle est douce aux yeux , brume à l'âme .
C'est en elle que je m'évade en ces temps de convalescence .
C'est elle que je retrouve aux confins de mes retrouvailles intimes . "
Kaïkan

dimanche 27 novembre 2011

Dans l'interstice ...


Dans l'interstice d'une journée
J'occasionne le temps d'un regard
Une escale dans l'entre -deux
D'une vie en devenir
...

dimanche 20 novembre 2011

Pour l'heure ...


Que le voyage fut long pour tourner ces pages du passé et oeuvrer au grand nettoyage par le vide ...
La métamorphose du Kaïkan est opérée ...
Comme des retrouvailles intimes et épurées avec moi-même ...
L'espace a retrouvé aération et stature ...
J'ai même réussi à aménager une cale atelier et écriture ...
Il n'y a plus qu'à ...
Le végétal veille, formes et essences organiques aussi ...
Je retrouve ce goût subtil et délicat d l'observation et de la patience ...
On n'ordonne pas aux plantes de pousser plus vite ...
Pas de projet précipité, j'apprends à sculpter le vide ...
Pour l'heure, je me repose et danse avec les rayons d' un soleil automnal ...
En toute simplicité ...

mercredi 21 septembre 2011

Quand le livre aquatique psalmodie la pierre ...



video

Quand le livre aquatique psalmodie la pierre, il est des rencontres inédites ...
La pierre se souvient des lavandières, de leurs gorges accueillantes et de leurs babils enjoués ...
De leurs jupons mouillés et de leurs cuisses dénudées ...
A 20.000 lieues sous les mers, l'organiste recueille respectueusement ces bribes d'antan ...
Le minimalisme d'une rivière figée retranscrit fidèlement les mots déposés ...
C'est au jour le jour que j'en accueille le verbe d'éclats et de reflets poétiques ...
Pour les lire, le silence est de mise ...
Un coquillage d'enfant m'en inverse voyelles et consonnes ...
Je ne pourrai jamais vous rendre ces mots confiés à l'eau et à la mémoire des fougères ...
L'invitation est à l'imaginaire d'une aube virginale et de confidences de femmes aux mains rougies ...

...



mardi 20 septembre 2011

C'est au petit matin ...


C’est au petit matin que tous les personnages abandonnent leur livre natal pour errer n’importe où dans les rues de la ville ironique, parmi les gens qui sont de chair et de sueur.

On peut les reconnaître à leur regard tremblant, à leurs mains tâchées d’encre, à leur profil qui porte comme un reste de verbe ;

Ils ne sont pas heureux de leur soudaine liberté.

Osent-ils vivre en bonne intelligence avec leur faux destin de héros manuscrits ?

Vers le soir, ils reviennent, penauds mais délicats dans leur foyer : ces pages entre la prose et le poème, où leur détresse est à l’abri.

Sa colère passée, l’auteur, sceptique et généreux, les reprend dans son livre.

Alain Bosquet