lundi 26 décembre 2011

En attendant ...


En attendant que les algues viennent à moi
J'entre en rencontre de plantes aquatiques recueillies lors des ballades de jours précédents
Dans un petit ruisseau de forêt, dans l'étang d'une amie, au pied des fours à chaud ...
Quand je vous disais que l'année à venir serait de botanique ...





samedi 24 décembre 2011

Il était une fois ...Les esprits des racines ...


" Au monde extérieur que nous percevons par nos sens, correspond un monde que nous ne percevons pas, et qui constitue avec le premier un tout indissociable .
...
L'infinie variété des végétaux,, leur naissance si mystérieuse à partir de la graine, leur développement à l'aide de la terre et de l'atmosphère, tout cela nous oblige à admettre qu'il existe quelque chose d'autre, que nous ne percevons pas .
Le regard spirituel appliqué au monde des plantes nous révèle l'existence d'une multitude d'entités que la clairvoyance instinctive des gens d'autrefois a bien connues, et qui sont aujourd'hui tombées dans l'oubli, si bien que leurs noms ne sont plus que des noms vides de sens.
Même si on les utilise parfois à des fins poétiques, ils ne recouvrent plus, pour l'homme moderne, aucune réalité.
...
La plante enfonce ses racines dans le sol.
Lorsqu'on peut suivre, grâce au regard spirituel, ce qui s'étire ainsi pour pénétrer la terre, on se rend compte que la racine est partout entourée d'esprits élémentaires en pleine activité.
L'ancienne clairvoyance instinctive les appelait des gnomes, mais on peut aussi parler d'esprits des racines .
...
Ce sont eux qui activent les éléments minéraux, les mettent en circulation et les apportent aux racines ...
Les gnomes sont , à l'intérieur de la terre les porteurs des idées de l'univers.
Mais la terre elle-même, ils ne l'aiment pas du tout.
Ils la parcourent tout bourdonnants des idées de l'univers, mais ils haïssent l'élément terrestre proprement dit.
Ils ont l'ardent désir de s'en arracher .
Ils luttent en permanence contre cette forme terrestre qui les menace dans l'élément où il leur faut vivre ( ces formes de grenouilles et de crapauds dont parlent les contes de fées ) .
Et c'est cette animosité vis- à vis de l'élément terre qui fait que les plantes n'enfoncent dans le sol que leurs racines puis qu'elles échappent au domaine terrestre .
Les gnomes arrachent ainsi les plantes à la terre et les font pousser vers le haut .
...
Lorsque la plante a quitté le domaine des gnomes et qu'elle est passée de la terre humide à l'air humide, elle développe ses feuilles ...
Nous touchons alors au monde des ondines .
... "
L'homme, les animaux et les êtres élémentaires.
Rudolf Steiner

Il nous faudra encore parler du monde des sylphes, des salamandres au fur et à mesure de l'évolution des plantes ...

Mais cela est une autre histoire ...

Et ces mots posés ainsi sur une page virtuelle, de plus raccourcis peuvent sembler bien " abruptes ", les méditer et les avoir en présence lors de tout rapport au monde est bien autre chose ...
...
La terre recueille en ces temps de Noël les mystères de l'univers , comme une évidence ...
...
C'est sans doute en cela que cette forêt meurtrie me touche autant car même en ce temps de méditation et d'endormissement, l'homme n'a de cesse de lui arracher ci et là ses occupants, laissant ici et là les scories de leur passage ...
...
J'y suis retournée ce jour, comme un rendez-vous impérieux, comme une caresse à peine perceptible ...

vendredi 23 décembre 2011

De meurtrissures et d'étonnement ...


Une autre lecture de la forêt...
Eventrée, elle se donne à décrypter ...
Temps de pluie pour cette rencontre et j'aime ce dialogue sans fioritures ...
Accueillir la nature comme elle est, sans poétiser à tout va, sans interpréter en " beau " chaque chose ...
Accueillir la souffrance telle quelle ...
Hier déjà, j'avais ressenti cette douleur muette et m'étais empressée, par un détournement qui m'est familier de métamorphoser en " agréable " et "acceptable " ce qui m'interpellait ...
Alors, ce jour, je suis retournée en ces lieux ...
A nu et sans préméditation ...
En acceptation de ce qui est ...
Ci et là, les gardiens osaient une apparition ...
Timides et effrayés, interrogatifs, en colère, amputés ou énigmatiques ...
Graves à chaque fois ...
Et plus je posais les genoux à terre en rencontre intime, plus je voyais ...
Le nature est généreuse à qui sait prendre le temps ...
Je me suis attardée en un ciboire improvisé au renflement d'une souche, me suis aventurée en ses eaux, me suis embarquée en ses nuances, me suis accrochée en ses perles de larmes ...

En souffrance, cette forêt ...
Chaque souche, chaque branche, chaque espace transpirait de cette blessure et pourtant une force invisible d'espoir dominait le tout ...

Je compris soudainement, autrement, le sens de Noël ...

Il fait nuit à présent ...
J'ouvre la fenêtre et j'épouse le vent et je vous assure qu'à des kilomètres, je l'entends cette forêt ...
Elle me parle de baume et de nuit salvatrice ...
Le forêt, la nuit prend un peu de repos ...
Elle lèche ses plaies et soupire doucement ...




jeudi 22 décembre 2011

Me diras - tu ?


Me diras - tu ondine où se terrent les algues ancestrales ?
Je les ai cherchées ce jour en forêt mais ne les ai point croisées ...
Mousses, fougères, trèfles d'eau et champignons se livraient généreux ...
Mais dis-moi, les algues ne sont pas que marines ?
Je continue ma quête ...
La nature me va bien ...

dimanche 11 décembre 2011

Il était une fois ...


Il était une fois au flou d'un souvenir
Des cités enfouies
Des paysages arides en attente
Un oasis discret patient et vierge comme un nouveau né
Je me suis recueillie en cette méditation douce
Et me suis installée dans l'Avent ...
La fleur cosmique réveille silencieusement l'empreinte réservée depuis la nuit des temps
L'Homme alchimique rêve au renversement des apparences ...
Il est au monde des mystères grandioses ...
Au sein desquels j'aime à me glisser ...


mardi 29 novembre 2011

C'est une lumière ...


" C'est une fenêtre dans une pièce.
C'est la vie lente dans une journée.
C'est une fenêtre dans la vie lente.
La lumière passe, calme et claire.
C'est une lumière de printemps.
Elle est douce au yeux, amère au coeur ... "
Christian Bobin

" C'est une lumière dans une pièce .
C'est la vie lente dans une journée .
C'est une fenêtre dans la vie lente .
La lumière passe, calme et claire . "
...
...
...
C'est une lumière d'automne en attente de l'hiver .
Elle est douce aux yeux , brume à l'âme .
C'est en elle que je m'évade en ces temps de convalescence .
C'est elle que je retrouve aux confins de mes retrouvailles intimes . "
Kaïkan

dimanche 27 novembre 2011

Dans l'interstice ...


Dans l'interstice d'une journée
J'occasionne le temps d'un regard
Une escale dans l'entre -deux
D'une vie en devenir
...

dimanche 20 novembre 2011

Pour l'heure ...


Que le voyage fut long pour tourner ces pages du passé et oeuvrer au grand nettoyage par le vide ...
La métamorphose du Kaïkan est opérée ...
Comme des retrouvailles intimes et épurées avec moi-même ...
L'espace a retrouvé aération et stature ...
J'ai même réussi à aménager une cale atelier et écriture ...
Il n'y a plus qu'à ...
Le végétal veille, formes et essences organiques aussi ...
Je retrouve ce goût subtil et délicat d l'observation et de la patience ...
On n'ordonne pas aux plantes de pousser plus vite ...
Pas de projet précipité, j'apprends à sculpter le vide ...
Pour l'heure, je me repose et danse avec les rayons d' un soleil automnal ...
En toute simplicité ...

mercredi 21 septembre 2011

Quand le livre aquatique psalmodie la pierre ...



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Quand le livre aquatique psalmodie la pierre, il est des rencontres inédites ...
La pierre se souvient des lavandières, de leurs gorges accueillantes et de leurs babils enjoués ...
De leurs jupons mouillés et de leurs cuisses dénudées ...
A 20.000 lieues sous les mers, l'organiste recueille respectueusement ces bribes d'antan ...
Le minimalisme d'une rivière figée retranscrit fidèlement les mots déposés ...
C'est au jour le jour que j'en accueille le verbe d'éclats et de reflets poétiques ...
Pour les lire, le silence est de mise ...
Un coquillage d'enfant m'en inverse voyelles et consonnes ...
Je ne pourrai jamais vous rendre ces mots confiés à l'eau et à la mémoire des fougères ...
L'invitation est à l'imaginaire d'une aube virginale et de confidences de femmes aux mains rougies ...

...



mardi 20 septembre 2011

C'est au petit matin ...


C’est au petit matin que tous les personnages abandonnent leur livre natal pour errer n’importe où dans les rues de la ville ironique, parmi les gens qui sont de chair et de sueur.

On peut les reconnaître à leur regard tremblant, à leurs mains tâchées d’encre, à leur profil qui porte comme un reste de verbe ;

Ils ne sont pas heureux de leur soudaine liberté.

Osent-ils vivre en bonne intelligence avec leur faux destin de héros manuscrits ?

Vers le soir, ils reviennent, penauds mais délicats dans leur foyer : ces pages entre la prose et le poème, où leur détresse est à l’abri.

Sa colère passée, l’auteur, sceptique et généreux, les reprend dans son livre.

Alain Bosquet



lundi 19 septembre 2011

Quand la lumière se met à danser ...



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Quand la lumière se met à danser à l'aube des silences du quotidien
S'anime à l'âme vigilante un univers insoupçonné
La proue orpheline rêve d' horizons océaniques
Le saule tortueux agite ses bras amaigris et improvise des épousailles d'éol
J'ouvre alors les portes à l'imaginaire et rejoins ma patrie d'algues et d'écume
Je ne suis plus là parce que je suis ailleurs
En ces infinis d'ombre et de clarté
Me laisse caresser par des mains diaphanes
Enivrer par des embruns salins
Et j'ose, en noces indicibles
Le passage du seuil vers cet au-delà que seuls côtoient les âmes ébranlées
Une aile de séraphin en guise d'étole
Un soupçon d'ambre en guise de parfum
Vers la musique des sphères que seules perçoivent les âmes fatiguées
Je m'offre alors à ces danses nuptiales et endors mes tourments aux bras du Passeur
...





dimanche 18 septembre 2011

Topi ...


Il y a l'empreinte qu'a tracée la pluie sur les papiers d'ombre et de lumière et les photos et vidéos sur ces thèmes ...

Il y a le dernier tableau à l'huile qui se demande s'il va rester tel quel ou évoluer autrement ...

Il y a le tableau rouge qui termine sa saison en accueil de l'intervention du temps qui passe ...
Le bleu arrive bientôt ...

Il y a ci et là des squelettes de plantes qui attendent de me délivrer leurs secrets ... Le secret du végétal ...

Il y a la fougère qui me dit cette métamorphose ...

Il y a les vêtements et bustes du temps qui passe ...

Il y a les empreintes de fougères qui resteront telles quelles ou entreront en tableaux de brou de noix et d'acajoutine ...

Il y a le livre aquatique qui continue sa métamorphose ...

Et il y a les nouvelles au sein de la cathédrale qui s'écrivent peu à peu, le projet de tableaux au Cap Gris Nez en interaction avec l'Océan ... et ... et ...

Bon, il faut que je trouve un fil rouge dans tout cela ;-))

Qu'est ce qui motive ces recherches ?

Car il s'agit bien de recherches, d'expérimentations ...

De complicité avec l'aléatoire du temps qui passe, avec la surprise de l'inattendu ...

" Et le cours du temps continue sa voie en sous-apparence ... "






samedi 17 septembre 2011

Improvisation picturale ...


C ' est toujours laborieux d'entrer en peinture après un temps d'absence ...
Comme un rituel, je tourne autour de la toile depuis une heure , prépare pinceaux et peinture , me connecte au vent et à la lumière ambiante, frémissante et intimidée comme pour un rendez-vous galant ...


Pas à pas, corps à corps lent et surprenant ...
Le tableau se donne à lire doucement ...

*

" Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux. "

Paul Verlaine
Poèmes saturniens



lundi 12 septembre 2011

Dans l'intimité d'une souche ...


" Ne dis pas : la clé de sa maison était voix de ses pas
Ne dis pas que sa maison était son écho
Dis : j'ai appris à éclairer mon éternité
Sur les terrasses de son nom
Dis : mon corps s'est dispersé dans son corps "
Adonis

samedi 10 septembre 2011

Le rouge s'est déchiré ...

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Y-a-t-il une justesse de l'inexplicable ? Je l'ignore et à dire vrai , cela a-t-il une importance, la poésie est intenable peut-être mais alors comme ces invisibles et visibles qui nous prennent au dépourvu emportant tout sur leur passage ou laissant tout en un illusoire ordre ... car elle se moque bien des modèles et des calculs ... elle est brutale oui dans son impérieuse expression, elle ne laisse de répit - et encore - que lorsqu'elle a pu, maladroitement, en inachevé se déposer un peu ... oh, ce n'est pas la poésie ou la création qui sont maladroites mais bien notre incapacité à la dire dans son ampleur ... dans son minimalisme ... dans sa fraîcheur ou son ennui ... ceci n'étant pas un essai de définition mais plutôt un état d'âme, là, à l'instant ... et si demain ou dans 5 minutes ou dans 5 secondes, je devais écrire le contraire, peu importe car la poésie, la création se moquent bien des cohérences, elles ont cette liberté des paradoxes et des contraires et c'est peut-être là, dans la frange même de ces risques qu'elle commence à palpiter, à se dire authentiquement ... Je dirais que la poésie, la création sont l'Art du risque et des contradictions , l'Art d'aller au coeur même de ses sentiments et d'oser l'ouverture à l'autre, cet autre soit-il nous même, le lecteur ou le rien, l'invisible ...


mercredi 7 septembre 2011

Confidences ...


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23082011 21h14 …

Mais qu’est ce que je fais ici ?

J’ai perdu la mémoire des jours passés …

Je me suis égarée dans les dédales d’un livre hypothétique …

Suis-je en train de creuser ma propre tombe, je suis résolue à comprendre ce qui s’est passé et puis non, je migrerai vierge et étonnée vers cette nouvelle demeure …

Ce livre a des allures de forêt de pierre, des airs de vaisseau déchu …

Le soleil s’offusque de cette pluie qui tombe et pourtant les lettres mouillées me sont terre glissante où j’aime à divaguer …

Les vagues n’étant plus les vagues mais bien cette respiration salée des aides de camp épuisés.

Pas d’inspiration ce soir, pourquoi forcer et inventer ? Et si je parlais de la pluie qui tombe ? De ce chant qui m’ensorcelle et m’apprivoise …

J’aimais dans les tranchées d’antan humer cette odeur particulière de la terre humide.

Ce froid mouillé des sépultures improvisées organisait à mon insu cette carte intérieure qui me sert de vaisseaux, une disparition momentanée des galbes des veines aplatissait et agrémentait mes destinations futures, le chœur des errants en symphonie édulcorée ;

C’est ce chœur qui nourrira le tableau de cette nuit, un chœur divisé pour un orchestre hétéroclite